La cartérisation machine est un projet à part entière, pas une simple pose de panneaux. Elle engage votre responsabilité en tant qu’employeur et conditionne la conformité de votre machine à la directive machines 2006/42/CE. Menée sans méthode, elle peut créer de nouveaux risques porte qui cisaille, actionneur non sécurisé, chaîne de sécurité insuffisante tout en vous donnant une fausse impression de conformité.
Notre bureau d’études mécanique, au nord de Nantes, pilote vos projets de cartérisation industrielle de A à Z : analyse de risques, conception mécanique, fabrication, câblage, modification automate, étude SISTEMA et constitution du dossier technique CE. Un seul interlocuteur, un dossier complet, une conformité documentée et défendable. Cette approche s’inscrit au cœur de notre expertise globale en matière de sécurisation industrielle et de mise en conformité.
Pourquoi la cartérisation est un projet, pas un produit
La différence entre poser un carter machine et mener un projet de cartérisation tient à l’étendue de la démarche. Un carter protège physiquement une zone. Une cartérisation, elle, garantit que cette protection est efficace, sécurisée et conforme ce qui implique bien plus que la fabrication d’un protecteur.
Une analyse de risques documentée pour identifier tous les phénomènes dangereux et justify chaque mesure de protection.
Un calcul des distances de sécurité pour que les ouvertures, les espaces résiduels et les mouvements de portes ne créent pas eux-mêmes des risques de cisaillement ou d’écrasement.
Une chaîne de sécurité fonctionnelle et certifiée qui garantit l’arrêt de la machine en moins d’une fraction de seconde en cas d’accès non prévu.
Une preuve chiffrée du niveau de sécurité atteint, via l’étude SISTEMA, pour satisfaire aux exigences de la norme EN ISO 13849.
Un dossier technique CE complet qui engage votre responsabilité et doit être conservé 10 ans.


Notre démarche de cartérisation machine
Étape 1 — Analyse de risques selon EN ISO 12100
Tout projet de cartérisation commence par une analyse de risques rigoureuse. Nous identifions systématiquement tous les phénomènes dangereux liés à la machine (écrasement, cisaillement, entraînement, projections, chocs électriques), nous estimons le niveau de risque initial pour chaque situation dangereuse en croisant la gravité du dommage, la fréquence d’exposition et la possibilité d’évitement, puis nous définissons les mesures techniques à mettre en œuvre. Cette analyse pilote l’ensemble de nos choix : type de protecteur, distances de sécurité, type de portes et d’actionneurs, dispositifs complémentaires.
Étape 2 — Calcul des distances de sécurité selon EN ISO 13857
La norme EN ISO 13857 définit deux familles de distances à respecter. D’abord, les distances d’atteinte à travers les ouvertures : la taille des mailles du grillage, des fentes ou des espaces résiduels est calculée en fonction de la distance à la zone dangereuse pour qu’aucune partie du corps ne puisse l’atteindre. Ensuite, les distances anticisaillement et anti-écrasement autour des portes mobiles : tout espace entre une porte en mouvement et une structure fixe doit être soit inférieur à 4 mm (trop étroit pour un doigt), soit supérieur à 25 mm (assez large pour que la main ressorte librement). Entre ces deux valeurs, le risque de cisaillement des doigts est avéré. Pour l’écrasement, l’espace doit dépasser 120 mm pour le bras ou 500 mm pour le corps entier. Nous intégrons et vérifions ces contraintes dès la conception CAO.
Étape 3 — Conception mécanique et choix des protecteurs
Selon les résultats de l’analyse de risques et les contraintes d’exploitation (fréquence d’accès, environnement, budget), nous sélectionnons la solution de cartérisation adaptée : panneaux polycarbonate sur profilés aluminium pour les environnements propres ou robotisés, grillage métallique pour les ambiances industrielles lourdes, tôle pour les applications avec projection de liquides ou de copeaux. Le détail des caractéristiques techniques de chaque solution est disponible sur notre page Carter machine. Nous modélisons l’ensemble sous SolidWorks et vérifions tous les espaces résiduels avant fabrication.
Étape 4 — Conception des portes et de leurs actionneurs
Les portes d’accès sont les points les plus sensibles d’une cartérisation. Leur conception doit combiner praticité, robustesse et sécurité intrinsèque.
Portes manuelles à interverrouillage : pour les accès de maintenance peu fréquents, nous utilisons des interrupteurs de position de sécurité à came, magnétiques ou RFID codés anti-contournement reliés au relais de sécurité. Les capteurs RFID sont recommandés quand le risque de contournement volontaire par un aimant doit être écarté. Pour les machines à forte inertie (temps d’arrêt long après coupure d’alimentation), nous intégrons des interrupteurs à verrouillage électromagnétique qui maintiennent la porte fermée jusqu’à réception du signal « machine à l’arrêt complet » de l’automate.
Portes motorisées : pour les accès fréquents en cycle de production, la porte motorisée pneumatique ou électrique est synchronisée avec le cycle machine. Nous dimensionnons l’actionneur, vérifions les distances anticisaillement (EN ISO 13857) entre la porte en mouvement et les structures fixes, et intégrons les amortisseurs et butées de fin de course pour éliminer tout risque de choc ou de coincement.
Portes guillotine principe du vérin non attelé et des équilibreurs : la porte guillotine à déplacement vertical pose deux problématiques spécifiques. D’abord, le risque de chute en cas de coupure d’alimentation : nous adoptons systématiquement le principe du vérin non attelé, où la tige du vérin n’est pas solidaire de la porte. Le vérin ne sert qu’à remonter la porte ; la descente se fait par gravité. En cas de coupure d’alimentation, la porte se ferme naturellement c’est une position sûre par nature. Ensuite, la maîtrise de la vitesse de descente : des équilibreurs à ressort à gaz calibrés compensent partiellement le poids de la porte pour maintenir une descente lente et constante sur toute la course. Sur les portes motorisées à descente rapide, nous ajoutons un bord sensible (EN ISO 13856-2) sur le bord inférieur : tout contact avec un obstacle arrête et inverse immédiatement le mouvement.


Étape 5 — Chaîne de sécurité et relais PILZ
La chaîne de sécurité relie tous les dispositifs de protection (interrupteurs de portes, arrêts d’urgence, barrières immatérielles, tapis) à un système de surveillance redondant. Nous intégrons les solutions PILZ selon la complexité de l’installation : PNOZ X pour les applications simples, PNOZmulti 2 configurable par logiciel pour les machines multi-zones, PSS 4000 pour les lignes complexes. En cas d’ouverture de porte ou de défaut détecté, le relais ouvre les contacteurs de puissance et/ou envoie un ordre STO (Safe Torque Off) aux variateurs la machine s’arrête en une fraction de seconde.
Étape 6 — Modification de l’automate
L’intégration d’une cartérisation sur une machine existante implique presque toujours une adaptation du programme automate. Nous intervenons sur Siemens (TIA Portal, Step 7), Schneider Electric (Unity Pro), Allen-Bradley (Studio 5000), Codesys et autres. Nous créons ou modifions les blocs de gestion des modes machine (automatique, manuel, maintenance) pour intégrer les états de la cartérisation, et interfaçons l’automate standard avec le contrôleur de sécurité PILZ via PROFIsafe, CIP Safety ou câblage hardwired selon le niveau de performance requis.
Étape 7 — Validation SISTEMA selon EN ISO 13849
La norme EN ISO 13849 exige de démontrer chiffres à l’appui que chaque fonction de sécurité ouverture de porte = arrêt machine, porte motorisée = mouvement sécurisé atteint le niveau de performance (PL) requis par l’analyse de risques (généralement PL c ou PL d pour une cartérisation). Nous réalisons cette validation avec le logiciel SISTEMA (IFA), qui calcule le PL atteint en tenant compte de l’architecture redondante de la chaîne, du MTTFd des composants, du taux de couverture diagnostique DCavg et des mesures anti-CCF (défaillances de cause commune). Le rapport SISTEMA est obligatoire dans le dossier technique CE.
Étape 8 — Fabrication, installation et dossier CE
Nous fabriquons les structures et panneaux dans nos ateliers, réalisons le câblage électrique sur site, effectuons les essais de déclenchement et mesurons les temps d’arrêt. Nous constituons ensuite l’intégralité du dossier technique CE : analyse de risques, rappo

Retrofit : cartériser une machine existante
Le retrofit d’une machine pour y ajouter une cartérisation conforme est l’une de nos spécialités, au même titre que la conception de machines spéciales sur mesure. Cette démarche est souvent déclenchée par une injonction de l’inspection du travail, un accident du travail, un changement d’affectation de la machine ou la volonté de valoriser le parc existant. La question clé est de déterminer si la modification est « substantielle » au sens de la directive machines auquel cas elle peut déclencher une remise en conformité complète ou si elle réduit simplement un risque existant. Nous analysons votre situation au cas par cas pour vous conseiller sur l’étendue exacte de vos obligations.
Cartérisation de cellules robotisées
Les cellules robotisées font l’objet d’exigences spécifiques définies par les normes EN ISO 10218-1 et 10218-2. Forts de notre expertise globale en intégration de robots industriels, nous réalisons le calcul de la zone d’exclusion, le dimensionnement des panneaux polycarbonate selon l’énergie cinétique du robot, la conception des accès de maintenance avec capteurs RFID anti-contournement, et l’interface avec le contrôleur robot (FANUC, KUKA, ABB, Stäubli, Universal Robots). Des dispositifs complémentaires peuvent être intégrés : scanner laser de sécurité, tapis de sécurité, barrière immatérielle en zone d’introduction des pièces, ou encore des systèmes de vision industrielle avancés.
FAQ
Intégrer la vision avec CIM Atlantique, votre expert
En tant que fabricant de solutions industrielles, nous mettons l’accent sur la personnalisation et l’innovation. Nos systèmes automatisés industriels sont conçus pour s’intégrer parfaitement à vos infrastructures et répondre aux spécificités de votre secteur, qu’il s’agisse de machines spéciales pour l’emballage, de solutions pour l’agro-industrie, ou encore de machines spéciales d’usinage.
CIM Atlantique vous accompagne dans vos démarches de robotisations, visions, machines spéciales et cobotiques. Besoin de conseils, d’informations sur le montage et la maintenance de vos installations robotisées…





